11.12.2008
Contrapunctus
Une fugue à deux temps
Contrepoint dans la flaque
Emportent au loin
Les gouttes pétioles et la peinture
Écaillées des souvenirs c’est le
Piano qui tape sur ton crâne
Ça n’existe pas bancal
Un crescendo qui descend
Sur un pont va trop vite
Le reflet d’un triolet qui vaut six
Miroir menteur sur macadam
Macabre sans tain
Les jambes hachées flou de côté
Ce sont des racines à l’envers
Puisant l’eau aux corneilles
L’adage allant sonne faux
Pétarade sans couleurs
Les feuilles prennent aussi la route.
Pour une photographie de Cyril Berthault-Jacquier http://deprofundis.over-blog.com/article-25649171.html
13:25 Publié dans A deux mains | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : isoldh, cyril, photographie, poésie
Sans titre - Elevation
Le concorde est pour avant avant-hier
et l’ascenseur qui mène aux portes est
en retard il y a des barres d’interdiction
Eliot Ness construit un building
et sa mère distille en cachette dans les fenêtres
une course-poursuite de funambule et
un treuil qui mène où le regard trouble
il y a
des briseurs de verre et des souffleurs de vitres
ou peut-être l’inverse
oblique sous les cieux
Pour une photographie de Cyril Berthault-Jacquier http://deprofundis.over-blog.com/article-25685410.html
13:23 Publié dans A deux mains | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : isoldh, cyril, photographie, poésie
Sans titre - Bankruptcy
Un écran multiplié ou
La parodie de l’échec et ça tremble comme
Un bidonville aseptisé un cimetière
Un cimeterre à cœurs vifs
Casseurs de cailloux chômeurs fondeurs millionnaires
Un avion rentre par ici
C’est une opération à cœur ouvert qui suppure
Et un trou dans le métro
Une boîte à surprises violée
Narcisse va se noyer reflet flou il n’attend que
Les démolisseurs érigent des statues casino
Rien ne va plus gentlemen l’indice machin dégringole
- Vendez tout !-
Pour une photographie de Cyril Berthault-Jacquier http://deprofundis.over-blog.com/article-25685282.html
13:21 Publié dans A deux mains | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : isoldh, cyril, photographie, poésie
08.11.2008
Offrande
Oh dear sweet mama
I'm not feeling well
Can I step out
For a little while
Ma mère qui êtes sous d’autres cieux
Que votre paradoxe se déclare
Que l’avènement s’achève
Que votre bonté se ramène.
Donnez-moi aujourd’hui
Ce que j’attends depuis dix-huit jours
Pardonnez-moi mes naissances
Comme je vous pardonnerai aussi l’enfantement
Ne me soumettez point à l’anonymat
Et délivrez-moi des lames des larmes.
23:15 Publié dans Eclipse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : june, isoldh, poésie, poème, écriture, mère
21.10.2008
Encore
Honte je reçois sans dire grand-chose
Tes coups de désespoir
Et quand sur ma poitrine tes mots
Déversent leur fiel
Je n’oppose que de l’eau
A peine salée
Et je hoche quand tu me dis
Je pars !
Combien de tickets aller simple
Ai-je du accepter
Et combien de rails sans retour
Ai-je du respirer ?
Soumise comme une chienne
Sans âme devant tes yeux
Tu te moques je dis
Encore
Je n’aurai jamais assez
Et devant le plus fou
Je ressemble encore à la folle
Les branches effleurent lentement
Ma joue déflorée tant de cauchemars
De nos sexes enlacés nous avons fait
Un diamant taillé dans le sang
Et je lape encore ce qui coule
De nos chairs tailladées
Encore
Je manque de mots et la poésie s’en ressent
Le seul qui me reste c’est celui-là
De faim éternelle
D’ignoble vacuité
Ton fruit dans ma bouche
Ta peau sèche sur mes lèvres
Mes yeux sur l’explosion
La répétition
Encore
Encore
Encore jusqu’à la fin jusqu’à la mort jusqu’à nos bouches unies jusqu’à nos corps mordorés jusqu’à nos sexes douloureux.
22:46 Publié dans La collision des astéroïdes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : june, isoldh, poésie, écriture, poème, littérature, encore
27.09.2008
Salve
La vieille langue me ramène
Aux rivages de ma force
Par-delà le verre une branche
Caresse mon front.
10:58 Publié dans La collision des astéroïdes | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : isoldh, june, écriture, poésie, latin, langue morte, litanie
18.09.2008
Lettre
Je voudrais vous dire que
Que tout allait bien, je sors du théâtre à l'instant
J'ai aimé la passion
Selon St-Jean, superbe musique de Bach
De cette fin d'après-midi
Dans le jardin où Jesus se tenait
On sent toute la fin qui approche et la déchéance
Car à l'époque
Il y avait de l'amour et des jeux
De pouvoir
Mais aussi de la perversion
Je pense à Ponce Pilate par exemple.
Je vous attends
Afin de partager nos points de vue respectifs
Sur une chaise nue ;
La paille en est partie.
22:19 Publié dans Fétu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : isoldh, june, écriture, sand, musset, poésie, lettre
07.09.2008
Fonds
L’insolence et la mine
Sur le dos, son fardeau pèse
Le lichen plie sous un tonneau
Jolies les plantes s’abaissent.
19:05 Publié dans Fétu | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : isoldh, june, écriture, poésie, insolence, lichen
04.09.2008
Sentence
Alors que j'étais nue, sous un long drap blanc, mon corps s'enfonçant dans le tube technologique, j'ai pensé, peut-être est-ce comme ça la mort ? L'impression d'irréalité. Pour passer le temps pendant que toute l'attention du monde était concentrée sur les trois ou quatre taches coupables et assassines, j'enfonçais mes ongles dans mes paumes. Je regardais les marques. Blanches, rouges et humides. La salle aseptisée m'étouffait. Je suis sortie dans le couloir, silhouette élargie par le linceul, je me suis promenée, je transpirais, ma peau collait. J'attendais le verdict.
Les pensées s'entrechoquaient. J'aurais eu envie de plonger dans une fontaine, de hurler comme un saxophone, de gratter comme une démente. Les yeux fous, la rage aux lèvres. Mais je suis simplement rentrée aux assises, j'ai plaidé non-coupable. Invoqué les démons, les violeurs, les assassins, les marchands d'âme. Rien n'y a fait. Les mots sont tombés, le couperet, la lame. Une flèche a transpercé le jeune fil.
Bêtement, j'ai souris, un peu de salive a coulé. Le déclin commençait.
22:57 Publié dans Diagnostic chronique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : isoldh, june, mort, écriture, poésie, peur, hôpital.
Table rasée
Deux jours, je le sais. Je le sais, la clepsydre de mes rides va s'inverser. Nos phalanges entrelacs, regardant un ultime rayon vert, ne s'empoussièreront pas ensemble. Une ronce ne reliera pas nos deux tombes, mais une épine poussera dans la terre friable de la mienne. Je rase la table de mes souvenirs. La vieille table de marbre fissurée. J'ai jeté les cahiers noircis d'un scénario qui n'est plus, j'ai supprimé, méthodiquement, les musiques de révolte. Je veux lui laisser un vide propre. Des murs à repeindre. Je veux lui laisser un sourire, un regard, même éthéré. Je veux partir avec panache, et diriger ma mort, car je n'ai pas réussi à guider ma vie.
J'ai rasé les vieux tickets d'entrée de parcs à rêves ignifugés, déchiré les souvenirs de salle sombre, vidé dans le container les vieilles boîtes de boutons, de vieux bonbons que j'économisais. J'ai décroché les tableaux, et effleuré la marque claire.
J'ai fendu le piano, vidé ses entrailles, mangé son coeur.
13:19 Publié dans Diagnostic chronique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : isoldh, june, cérébral, poésie, écriture, mort