08.11.2008

Offrande

Oh dear sweet mama

I'm not feeling well

Can I step out

For a little while

 

Ma mère qui êtes sous d’autres cieux

Que votre paradoxe se déclare

Que l’avènement s’achève

Que votre bonté se ramène.

Donnez-moi aujourd’hui

Ce que j’attends depuis dix-huit jours

Pardonnez-moi mes naissances

Comme je vous pardonnerai aussi l’enfantement

Ne me soumettez point à l’anonymat

Et délivrez-moi des lames des larmes.

21.10.2008

Encore

Honte je reçois sans dire grand-chose

Tes coups de désespoir

Et quand sur ma poitrine tes mots

Déversent leur fiel

Je n’oppose que de l’eau

A peine salée

Et je hoche quand tu me dis

Je pars !

Combien de tickets aller simple

Ai-je du accepter

Et combien de rails sans retour

Ai-je du respirer ?

Soumise comme une chienne

Sans âme devant tes yeux

Tu te moques je dis

Encore

Je n’aurai jamais assez

Et devant le plus fou

Je ressemble encore à la folle

Les branches effleurent lentement

Ma joue déflorée tant de cauchemars

De nos sexes enlacés nous avons fait

Un diamant taillé dans le sang

Et je lape encore ce qui coule

De nos chairs tailladées

Encore

Je manque de mots et la poésie s’en ressent

Le seul qui me reste c’est celui-là

De faim éternelle

D’ignoble vacuité

Ton fruit dans ma bouche

Ta peau sèche sur mes lèvres

Mes yeux sur l’explosion

La répétition

Encore

Encore

Encore jusqu’à la fin jusqu’à la mort jusqu’à nos bouches unies jusqu’à nos corps mordorés jusqu’à nos sexes douloureux.

27.09.2008

Salve

 

La vieille langue me ramène

Aux rivages de ma force

Par-delà le verre une branche

Caresse mon front.

 

18.09.2008

Lettre

Je voudrais vous dire que

Que tout allait bien, je sors du théâtre à l'instant

J'ai aimé la passion

Selon St-Jean, superbe musique de Bach

De cette fin d'après-midi

Dans le jardin où Jesus se tenait

On sent toute la fin qui approche et la déchéance

Car à l'époque

Il y avait de l'amour et des jeux

De pouvoir

Mais aussi de la perversion

Je pense à Ponce Pilate par exemple.

Je vous attends

Afin de partager nos points de vue respectifs

Sur une chaise nue ;

La paille en est partie.

07.09.2008

Fonds

L’insolence et la mine
Sur le dos, son fardeau pèse
Le lichen plie sous un tonneau
Jolies les plantes s’abaissent.

04.09.2008

Sentence

Alors que j'étais nue, sous un long drap blanc, mon corps s'enfonçant dans le tube technologique, j'ai pensé, peut-être est-ce comme ça la mort ? L'impression d'irréalité. Pour passer le temps pendant que toute l'attention du monde était concentrée sur les trois ou quatre taches coupables et assassines, j'enfonçais mes ongles dans mes paumes. Je regardais les marques. Blanches, rouges et humides. La salle aseptisée m'étouffait. Je suis sortie dans le couloir, silhouette élargie par le linceul, je me suis promenée, je transpirais, ma peau collait. J'attendais le verdict.

Les pensées s'entrechoquaient. J'aurais eu envie de plonger dans une fontaine, de hurler comme un saxophone, de gratter comme une démente. Les yeux fous, la rage aux lèvres. Mais je suis simplement rentrée aux assises, j'ai plaidé non-coupable. Invoqué les démons, les violeurs, les assassins, les marchands d'âme. Rien n'y a fait. Les mots sont tombés, le couperet, la lame. Une flèche a transpercé le jeune fil.

Bêtement, j'ai souris, un peu de salive a coulé. Le déclin commençait.

 

 

Table rasée

 

Deux jours, je le sais. Je le sais, la clepsydre de mes rides va s'inverser. Nos phalanges entrelacs, regardant un ultime rayon vert, ne s'empoussièreront pas ensemble. Une ronce ne reliera pas nos deux tombes, mais une épine poussera dans la terre friable de la mienne. Je rase la table de mes souvenirs. La vieille table de marbre fissurée. J'ai jeté les cahiers noircis d'un scénario qui n'est plus, j'ai supprimé, méthodiquement, les musiques de révolte. Je veux lui laisser un vide propre. Des murs à repeindre. Je veux lui laisser un sourire, un regard, même éthéré. Je veux partir avec panache, et diriger ma mort, car je n'ai pas réussi à guider ma vie.

J'ai rasé les vieux tickets d'entrée de parcs à rêves ignifugés, déchiré les souvenirs de salle sombre, vidé dans le container les vieilles boîtes de boutons, de vieux bonbons que j'économisais. J'ai décroché les tableaux, et effleuré la marque claire.

J'ai fendu le piano, vidé ses entrailles, mangé son coeur.

 

 

29.08.2008

Arbre


Arbre.




Janvier 2008.




Copie de DSC01788.jpg




La Chaux-de-Fonds

22.08.2008

Confutatis

Aux blancs succèdent les blancs

des tenors se disputent les maigres vestiges de la cavité

l'alto sensuel partage

la pitance des splendeurs passées

les émois troubles

reliefs d'une hâte trop vite consumée.

18.08.2008

Untitled

I feel some peculiar reasons to leave

Some strange colour in shallow paths

A puppie is hanging over

We just have to take our arms, to swallow the hollow sentences

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