05.08.2008

Les sillons

Les sillons sont souvent creusés par des années de souffrance. Et chaque grain qui éclot est une nouvelle pique dans le coeur de ceux qui se sont courbés sur la terre stérile. Personne n'échappe à la règle.

La vie est une équation

La vie est une équation

Fondre dans son univers

De perfection

Rythmée et le sphinx ne peut faire ressentir

L’inconnu

Et l’existentiel même

La vie est une équation

Et mon âme de ballade

Se promenade sur le haut de la vague

Et glisse sans questionnements

Et sans cynisme

Et sans mentir

La vie est une équation

Et taraude zéro zéro

Tantale m’appelle et je ne réponds que

Je suis indisponible à l’abysse

Mais tout au fond on crie non

Je glisse sans questionnements

Et sans mentir.

Surtout sans mentir.

Surtout sans mentir.

Surtout sans mentir.

03.08.2008

Epistémê

Dans ma cage de bronze et dans mes rêves d'onyx, lui s'est égaré et a semé ma trace. A mes poignets d'argent, à mes menottes d'acier, à la maladie qui me guette, c'est fini. Le Styx a coulé et les eaux se sont refermées.

L'Elu est reparti comme il était venu, en se cachant derrière les portes marquées de sang. Les tables de loi ont remplacé les vers, et ses plaies sont couvertes de vermine. Elle ronge. Son chien, toujours nu et lanterne à la main s'est esclaffé une dernière fois, en levant la tête, vers une théorie de plus. A ses mains fatiguées et débiles de vieillard malade, l'Elu porte le sceaux de ceux qu'il a frappé. Il a semé le doute, lui l'araignée.

Il est reparti au crépuscule, comme toutes les autres idoles. Tête basse et sourire honteux, bête statue de sel mouvante. Il ne s'est pas retourné, et cynique, il a attrapé son chien au collet. Et l'a poignardé, impuissant devant tant de bouches. Un peu plus noir qu'avant, il s'est agenouillé, une dernière fois, et a lapé le sable d'éternité. Mais il n'avait plus d'espérance. Pas à pas, il est arrivé devant la porte. Le heurtoir obscène l'a accueillit et l'Elu a traversé sans un regard pour les murs. Il a dépassé la ville.

Il ne s'est pas encore retourné.

02.08.2008

Débuts I : Isoldh

(...)On me trouve aux heures sombres de la journée, lorsque les familles rentrent chez elles, dans des parcs abandonnés aux mauvaises herbes, jouant à les fumer, et à chercher l'inspiration lors de brefs éclairs intemporels, ou dans des bars miteux, réputés glauques, afin d'y jouer au poète maudit.
Divergences de caractère en été ou en hiver. Lors de la saison appelée froide, on me décrirait comme une sorte de corbeau, noir et sobre, humeur vide. Lorsque le soleil revient, une sorte de dérangée, selon les critères des gens, afin de célébrer ce putain d'astre. Adepte du yoga, de la vodka, des acides et du chocolat, je me fous des autres, et les autres se foutent de moi.(...)

01.08.2008

Débuts : Isoldh

(...)Elle arrive quand même à planifier une sorte d'avenir, peu sûr, mais avenir quand même. Ses grands rêves seraient de pouvoir tourner le film qu'elle porte en elle, film de souvenirs, d'instants-fulgur, et d'odeur d'automne. Ou bien, plus réaliste, mais tout autant voué à l'échec, avoir une sorte de vieux magasin-foutoir, où l'on trouverait du café gratuit mais bon, des bières et des russes blancs, de vieilles bédés d'occasion et de qualité, tirées de maisons d'édition indépendantes. (Isoldh rechigne à aimer les nouveaux genre de bédés "héroic-fantasy" car elles se ressemblent toutes, et plutôt en médiocrité.) On y trouverait aussi une vieille presse, destinée aux auteurs sans le sous désireux de voir leur ouvrage sur papier, de la peinture acrylique et à l'huile, afin d'en faire profiter les murs de crépis blancs. les autres murs seraient couverts d'affiches de musées et d'expo. Il y aurait aussi une petit coin cuisine, pour improviser des repas spaghetti. Isoldh aime cuisiner et aime en faire profiter les autres. Bien sûr, Isoldh n'aurait pas un sou, cela va de soi, (elle refuse d'être une de ces pseudo-artistes bourrés d'oseille qui jouent aux agitateurs) elle dormirait donc sur un petit matelas, derrière un paravent, dans son magasin-foutoir-hangar. Pour l'emplacement, elle verrait bien une petite rue marchande et inconnue des touristes dans une des villes qu'elle affectionne, en confédération d'Hélvétie, ou alors, un moyen hangar, dans une friche industrielle. Elle a appris à les repérer et à les aimer, ces friches, lorsqu'elle suivait encore les cours de géo du lycée. Isoldh aime la bédé, la peinture et la poèsie. D'ailleurs, elle ne veut pas être classée poète. Elle est curieuse de l'art à plein temps. Et pour elle, pas besoin de le crier sur les toits, car ceux qui s'en vantent sont, souvent, de petits pisseurs.(...)