05.08.2008
Les sillons
Les sillons sont souvent creusés par des années de souffrance. Et chaque grain qui éclot est une nouvelle pique dans le coeur de ceux qui se sont courbés sur la terre stérile. Personne n'échappe à la règle.
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03.08.2008
Epistémê
Dans ma cage de bronze et dans mes rêves d'onyx, lui s'est égaré et a semé ma trace. A mes poignets d'argent, à mes menottes d'acier, à la maladie qui me guette, c'est fini. Le Styx a coulé et les eaux se sont refermées.
L'Elu est reparti comme il était venu, en se cachant derrière les portes marquées de sang. Les tables de loi ont remplacé les vers, et ses plaies sont couvertes de vermine. Elle ronge. Son chien, toujours nu et lanterne à la main s'est esclaffé une dernière fois, en levant la tête, vers une théorie de plus. A ses mains fatiguées et débiles de vieillard malade, l'Elu porte le sceaux de ceux qu'il a frappé. Il a semé le doute, lui l'araignée.
Il est reparti au crépuscule, comme toutes les autres idoles. Tête basse et sourire honteux, bête statue de sel mouvante. Il ne s'est pas retourné, et cynique, il a attrapé son chien au collet. Et l'a poignardé, impuissant devant tant de bouches. Un peu plus noir qu'avant, il s'est agenouillé, une dernière fois, et a lapé le sable d'éternité. Mais il n'avait plus d'espérance. Pas à pas, il est arrivé devant la porte. Le heurtoir obscène l'a accueillit et l'Elu a traversé sans un regard pour les murs. Il a dépassé la ville.
Il ne s'est pas encore retourné.
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