« Arbre | Page d'accueil | Sentence »
04.09.2008
Table rasée
Deux jours, je le sais. Je le sais, la clepsydre de mes rides va s'inverser. Nos phalanges entrelacs, regardant un ultime rayon vert, ne s'empoussièreront pas ensemble. Une ronce ne reliera pas nos deux tombes, mais une épine poussera dans la terre friable de la mienne. Je rase la table de mes souvenirs. La vieille table de marbre fissurée. J'ai jeté les cahiers noircis d'un scénario qui n'est plus, j'ai supprimé, méthodiquement, les musiques de révolte. Je veux lui laisser un vide propre. Des murs à repeindre. Je veux lui laisser un sourire, un regard, même éthéré. Je veux partir avec panache, et diriger ma mort, car je n'ai pas réussi à guider ma vie.
J'ai rasé les vieux tickets d'entrée de parcs à rêves ignifugés, déchiré les souvenirs de salle sombre, vidé dans le container les vieilles boîtes de boutons, de vieux bonbons que j'économisais. J'ai décroché les tableaux, et effleuré la marque claire.
J'ai fendu le piano, vidé ses entrailles, mangé son coeur.
13:19 Publié dans Diagnostic chronique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : isoldh, june, cérébral, poésie, écriture, mort
Commentaires
Oh ma chérie, c'est triste et très beau, ce que tu écris. N'efface pas trop, tu pourrais le regretter lorsque tout ira mieux; et si cela devait être la fin, j'aimerais trouver des traces de toi partout et faire des découvertes étranges à chaque pas dans ta chambre.
Nous allons y croire encore, mon amour, encore. Rien n'est perdu.
Ecrit par : Volodia | 04.09.2008
Ecrire un commentaire