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04.09.2008
Sentence
Alors que j'étais nue, sous un long drap blanc, mon corps s'enfonçant dans le tube technologique, j'ai pensé, peut-être est-ce comme ça la mort ? L'impression d'irréalité. Pour passer le temps pendant que toute l'attention du monde était concentrée sur les trois ou quatre taches coupables et assassines, j'enfonçais mes ongles dans mes paumes. Je regardais les marques. Blanches, rouges et humides. La salle aseptisée m'étouffait. Je suis sortie dans le couloir, silhouette élargie par le linceul, je me suis promenée, je transpirais, ma peau collait. J'attendais le verdict.
Les pensées s'entrechoquaient. J'aurais eu envie de plonger dans une fontaine, de hurler comme un saxophone, de gratter comme une démente. Les yeux fous, la rage aux lèvres. Mais je suis simplement rentrée aux assises, j'ai plaidé non-coupable. Invoqué les démons, les violeurs, les assassins, les marchands d'âme. Rien n'y a fait. Les mots sont tombés, le couperet, la lame. Une flèche a transpercé le jeune fil.
Bêtement, j'ai souris, un peu de salive a coulé. Le déclin commençait.
22:57 Publié dans Diagnostic chronique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : isoldh, june, mort, écriture, poésie, peur, hôpital.
Commentaires
Premier passage sur ces lignes. Bravo j'aime ton style et ta manière d'exprimer ton ressenti. Elie
Ecrit par : Elie | 07.09.2008
"hurler comme un saxophone" vraiment bien trouvé.
Ce texte est un de mes préféré pour l'instant. La blancheur des hôpitaux qui contraste avec l'odeur de la mort, l'attente d'un verdict fatal, la peur, la révolte... tout est là, dans ces quelques lignes.
Ecrit par : Mowglie | 09.09.2008
j'espère sincèrement que tout cela n'est pas trop grave et que tout s'arrangera. Je sais combien la vie choisit mal ses victimes...
Ecrit par : Mowglie | 09.09.2008
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