11.12.2008

Contrapunctus

Une fugue à deux temps
Contrepoint dans la flaque
Emportent au loin
Les gouttes pétioles et la peinture
Écaillées des souvenirs c’est le

Piano qui tape sur ton crâne
Ça n’existe pas bancal

Un crescendo qui descend
Sur un pont va trop vite
Le reflet d’un triolet qui vaut six
Miroir menteur sur macadam
Macabre sans tain

Les jambes hachées flou de côté
Ce sont des racines à l’envers
Puisant l’eau aux corneilles  
L’adage allant sonne faux
Pétarade sans couleurs
Les feuilles prennent aussi la route.

 

 

Pour une photographie de Cyril Berthault-Jacquier http://deprofundis.over-blog.com/article-25649171.html

 

 

 

 

Sans titre - Elevation

Le concorde est pour avant avant-hier
et l’ascenseur qui mène aux portes est
en retard il y a des barres d’interdiction
Eliot Ness construit un building
et sa mère distille en cachette dans les fenêtres
une course-poursuite de funambule et
un treuil qui mène où le regard trouble
il y a
des briseurs de verre et des souffleurs de vitres
ou peut-être l’inverse
oblique sous les cieux

 

Pour une photographie de Cyril Berthault-Jacquier http://deprofundis.over-blog.com/article-25685410.html

 

 

 

Sans titre - Bankruptcy

Un écran multiplié ou
La parodie de l’échec et ça tremble comme
Un bidonville aseptisé un cimetière
Un cimeterre à cœurs vifs
Casseurs de cailloux chômeurs fondeurs millionnaires
Un avion rentre par ici
C’est une opération à cœur ouvert qui suppure
Et un trou dans le métro
Une boîte à surprises violée
Narcisse va se noyer reflet flou il n’attend que
Les démolisseurs érigent des statues casino
Rien ne va plus gentlemen l’indice machin dégringole
- Vendez tout !-

 

Pour une photographie de Cyril Berthault-Jacquier http://deprofundis.over-blog.com/article-25685282.html

 

 

 

08.11.2008

Offrande

Oh dear sweet mama

I'm not feeling well

Can I step out

For a little while

 

Ma mère qui êtes sous d’autres cieux

Que votre paradoxe se déclare

Que l’avènement s’achève

Que votre bonté se ramène.

Donnez-moi aujourd’hui

Ce que j’attends depuis dix-huit jours

Pardonnez-moi mes naissances

Comme je vous pardonnerai aussi l’enfantement

Ne me soumettez point à l’anonymat

Et délivrez-moi des lames des larmes.

21.10.2008

Encore

Honte je reçois sans dire grand-chose

Tes coups de désespoir

Et quand sur ma poitrine tes mots

Déversent leur fiel

Je n’oppose que de l’eau

A peine salée

Et je hoche quand tu me dis

Je pars !

Combien de tickets aller simple

Ai-je du accepter

Et combien de rails sans retour

Ai-je du respirer ?

Soumise comme une chienne

Sans âme devant tes yeux

Tu te moques je dis

Encore

Je n’aurai jamais assez

Et devant le plus fou

Je ressemble encore à la folle

Les branches effleurent lentement

Ma joue déflorée tant de cauchemars

De nos sexes enlacés nous avons fait

Un diamant taillé dans le sang

Et je lape encore ce qui coule

De nos chairs tailladées

Encore

Je manque de mots et la poésie s’en ressent

Le seul qui me reste c’est celui-là

De faim éternelle

D’ignoble vacuité

Ton fruit dans ma bouche

Ta peau sèche sur mes lèvres

Mes yeux sur l’explosion

La répétition

Encore

Encore

Encore jusqu’à la fin jusqu’à la mort jusqu’à nos bouches unies jusqu’à nos corps mordorés jusqu’à nos sexes douloureux.

27.09.2008

Salve

 

La vieille langue me ramène

Aux rivages de ma force

Par-delà le verre une branche

Caresse mon front.